
✦ Quand le corps parle plus fort que nous
Avant d’être cheffe nomade dans le végétal, j’ai été téléprospectrice.
Un métier où je devais dire des mots qui n’étaient pas les miens, convaincre des personnes fragiles, insister, forcer… alors que je suis quelqu’un qui ne ment jamais.
Je passais mes journées à me tirer, à me violenter intérieurement, pour placer des rendez-vous à des commerciaux qui parlaient de « tarter du petit vieux ».
Les listes d’appels étaient triées : on ciblait les plus vulnérables, ceux qui disent facilement oui, ceux qui s’étaient déjà fait avoir.
Mon corps a commencé à parler avant moi.
Il me parlait en M-A-U-X, parce que je refusais de mettre des M-O-T-S sur ce que je vivais.
✦ Premier signe : l’œil
Pendant ma période d’essai, je me suis littéralement crevé un œil.
Une kératite, un abcès, un ulcère.
J’ai failli perdre la vue.
Des mois plus tard, un ami m’a dit :
« Tu ne veux pas voir. »
Sur le moment, j’ai rejeté cette phrase.
Je lui ai répondu que c’était un accident.
Mais mon corps savait.
Il me disait :
Tu ne veux pas voir ce que tu es en train de faire.
Tu ne veux pas voir que tu n’es pas à ta place.
✦ Deuxième signe : la voix
Quelques mois plus tard, j’ai commencé à perdre la voix.
Jusqu’à ne plus pouvoir parler du tout.
Plus de voix = plus de travail.
Après plusieurs médecins, le verdict est tombé :
des kystes présents depuis l’enfance, qui ont explosé.
Deux opérations.
Deux semaines sans parler.
Mon corps me disait :
Tu ne peux plus porter une parole qui n’est pas la tienne.
Tu dois retrouver TA voix.
J’ai perdu la voix pour retrouver ma voie.
J’ai failli perdre un œil pour retrouver ma vision intérieure.
✦ Troisième signe : la rencontre
C’est une amie naturopathe qui m’a parlé de ce métier.
C’est elle qui m’a laissé sa place dans un stage qu’elle ne pouvait pas faire.
Ce n’était pas un hasard.
C’était un passage.
Une porte.
Un signe.
Et cette femme, qui n’était alors qu’une connaissance, est devenue une véritable amie.
Parce que c’est elle aussi qui m’a initiée à mon premier jeûne, et qui m’a accompagnée tout au long de cette expérience.
Un jeûne qui m’a littéralement changé la vie.
Il m’a permis d’arrêter bon nombre d’addictions, de nettoyer, de libérer, de revenir à moi.
J’en parlerai dans un prochain post, parce que ce chapitre mérite sa propre lumière.
Aujourd’hui, je sais que tout était juste.
Je sais que si j’avais continué à faire comme si de rien n’était, à ne pas voir, à ne pas entendre, à ne pas dire…
les signes auraient été plus forts.
Le corps ne ment jamais.
Il parle en maux quand on refuse d’écouter les mots du cœur.
Et c’est grâce à ces signes — l’œil, la voix, le cœur — que je suis revenue à ce qui me nourrit vraiment :
la cuisine végétale intuitive, la transmission, le vivant, la vérité.
✧ Les outils que nous portons déjà en nous
Nous avons tellement d’outils à notre disposition.
Le corps, d’abord, qui parle en maux quand on refuse d’écouter les mots.
Le cœur, qui murmure avant de crier.
Les signes, qui se répètent jusqu’à ce qu’on les voie.
Et puis il y a les autres langages :
la numérologie qui révèle les cycles,
le langage des oiseaux qui dévoile les messages cachés,
l’astrologie qui éclaire nos chemins intérieurs.
Tous ces outils ne demandent qu’une chose :
qu’un jour, on accepte de s’en servir.
Parce que lorsque l’on relie les signes, les symboles, les sensations, les intuitions…
tout devient clair.
Le jour où l’on écoute vraiment,
le jour où l’on relie les M-A-U-X aux M-O-T-S,
le jour où l’on comprend que notre VOIX nous montre notre VOIE…
alors tout s’aligne.
C’est ce jour-là que ma vie a changé.
Et c’est ce jour-là que j’ai choisi de marcher avec les signes,
plutôt que de marcher contre moi-même.
✧ Avant le lexique : comprendre les douleurs du corps
Le corps parle.
Et il parle souvent avant nous.
Une douleur, une tension, une gêne, une inflammation, une perte de mobilité…
Tout cela n’arrive jamais “par hasard”.
Bien souvent, ces douleurs sont directement liées aux expressions que nous utilisons sans même y penser :
« en avoir plein le dos », « avoir la boule au ventre », « fermer les yeux », « perdre la voix »…
Le corps incarne littéralement ce que nous vivons symboliquement.
Il matérialise ce que nous n’osons pas dire, pas voir, pas entendre, pas ressentir.
Chaque zone du corps raconte une histoire.
Chaque douleur a un message.
Et quand on relie ces expressions à ce que l’on traverse,
quand on écoute vraiment,
on réalise que tout est juste,
que tout est relié,
que tout est réel.
C’est pour cela que j’ai créé ce lexique :
pour apprendre à écouter, à décoder, à relier.
Pour comprendre que le corps n’est pas contre nous, il est notre premier guide.
✧ Lexique des expressions du corps
👁️ Voir / Ne pas voir
• Avoir une paille dans l’œil — voir les défauts chez l’autre mais pas chez soi.
• Fermer les yeux — refuser de voir une vérité.
• Ne pas en croire ses yeux — être surpris, choqué.
🗣️ Voix / Parole
• Perdre la voix — ne plus pouvoir s’exprimer.
• Trouver sa voix — trouver sa voie intérieure.
• Tenir sa langue — se retenir de dire ce qui est vrai.
🫀 Cœur / Émotions
• Avoir le cœur lourd — porter une peine.
• Parler à cœur ouvert — dire sa vérité.
• Avoir un pincement au cœur — ressentir une émotion fine.
🧠 Tête / Pensées
• Se casser la tête — se compliquer la vie.
• Avoir une idée derrière la tête — avoir une intention cachée.
🫦 Bouche / Mots
• Mettre des mots dessus — exprimer ce qui était tu.
• Avoir la langue bien pendue — parler beaucoup.
🦵 Genoux / Humilité
• Mettre un genou à terre — reconnaître une vérité, s’incliner.
• Prendre ses jambes à son cou — fuir une situation.
🫁 Respiration / Stress
• Avoir la gorge nouée — être ému ou bloqué.
• Avoir la boule au ventre — ressentir l’angoisse.


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